Pour la cinquième partie de cette série sur la pollution lumineuse, on s’attele aux impacts de celles ci sur la santé humaine. Si vous avez raté les précédents articles, je vous renvoie à l’introduction ; aux enjeux énergétiques et financiers ; aux enjeux technologiques au niveau municipal et à l’échelle de Bortle et astronomie.
La pollution lumineuse impacte sur la production de mélatonine ce qui perturbe notre rythme circadien (le rythme biologique de 24 heures) qui a évolué sur des milliers, des millions d’années… Ceci altère la qualité du sommeil, retarde l’endormissement et peut même causer des troubles de la mémoire, de l’humeur, de l’attention ainsi que des risques cardio-vasculaires.
Des études qui font froid dans le dos
L’exposition excessive à la lumière a aussi été associée à des cancers hormono dépendants, notamment les cancers du sein, du côlon et de la prostate. Dès les années 1980 (!), des études épidémiologiques montrent que les personnes vivant avec les niveaux les plus élevés de pollution lumineuse – les travailleurs et travailleuses de nuit – ont tendance à présenter des taux plus élevés de ces cancers.
En outre, une étude réalisée en 2023 a révélé que les enfants vivant dans des régions de Californie où les lumières extérieures sont vives couraient un risque plus élevé de développer une forme de leucémie infantile.
J’avais également parlé dès 2010 d’une étude démontrant que la pollution lumineuse augmenterait celle de l’air. On peut des lors penser que ceci aurait un impact sur nos poumons et le reste de nos organes…
Si tout cela ne suffisait pas, la pollution lumineuse, surtout les lumières LED bleues, a des effets sur la vision et peut entrainer de la myopie, (déjà que les écrans n’aident pas).
Sans surprise sachant tout celà, une étude d’Octobre 2023 a prouvé que l’excès de lumière la nuit peut jouer sur le bien-etre mental. A l’inverse, une plus grande connexion à la nuit et aux étoiles améliore le bonheur, la santé mentale et la créativité des gens (Février 2024, Journal of Environmental Psychology, 86 000 participants)
En conclusion : On l’a vu, trop de lumières artificielles la nuit est très mauvais pour la santé humaine. Nous devons dormir dans le noir autant se faire que peut et si possible, même militer pour qu’on retrouve des ciels étoilés. Le mois prochain on verra ce qu’il en est des effets sur la flore et la faune…
Crédits image : Los Angeles “la nuit”, par Saad Chaudhry sur Unsplash


