Pour continuer cette série sur la pollution lumineuse – après l’introduction, les enjeux énergétiques et financiers et les aspects technologiques – je vais m’atteler à un outil permettant de quantifier et chiffrer la pollution lumineuse.
En effet, on ne peut vraiment s’atteler à résoudre un problème sans pouvoir le mesurer. Ce qui est chose faite avec l’échelle de Bortle. Dixit Wikipedia :
L’échelle de Bortle est une échelle numérique à neuf niveaux qui mesure le niveau de luminosité du ciel nocturne dans un endroit déterminé. Elle quantifie le niveau d’observabilité astronomique des objets célestes et la gêne causée par la pollution lumineuse.
Créée par John E. Bortle et publiée dans l’édition de février 2001 du magazine Sky & Telescope, c’est avant tout une description de la « noirceur » et un indice de pureté du ciel de l’atmosphère. Il s’agit d’un des indices de qualité de l’environnement, qui intéresse tant les astronomes que les écologues et parties prenantes de la protection, gestion ou restauration de la biodiversité.
Concrètement, çà donne quoi ? Jetons un oeil sur le nombre d’étoiles visibles selon les classes issues de l’échelle de Bortle :

On voit qu’entre un ciel de métropole et un site rural, on peut voir 20 fois plus d’étoiles. Entre un site rural et un très sombre, on voit encore plus de deux fois plus d’étoiles.
Pour savoir si le ciel observé correspond à telle ou telle classe sur l’échelle de Bortle, on peut se reporter sur les pages Wikipedia et les descriptions de chacune des classes, selon que vous pouvez distinguer – ou non – certains éléments tels que la Voie lactée, divers objets du catalogue de Messier… Alternativement, on peut s’équiper d’un appareil dédié.
Ou trouver encore un ciel vraiment noir en France, et ailleurs ?
Sept zones se distinguent en France. Le magazine Ciel & Espace, dans son numéro de Août – Septembre 2024 mentionne six (maintenant sept) zones sanctuaires / RICE (Réserves Internationales de Ciel Etoilé). Il n’y en a qu’une seule dans la moitié Nord du pays, la Réserve du Morvan. Il n’y a pour l’heure rien dans le Grand Est…
Dans le Sud, il y en a donc six : celle du Plateau de Millevaches, La Corse, Le Pic du Midi, les Cévennes, le Vercors, et la RICE Alpes Azur Mercantour.
Tourisme astronomique
Pas question – pour l’heure – d’aller visiter Pavonis Mons (sur Mars) ou les lacs gelés de Titan, l’astrotourisme c’est rester sur Terre dans des lieux propices aux étoiles dans les fameuses RICE (Réserves Internationales du Ciel Etoilé) que je mentionnais plus haut.. C’est un phénomène qui tend à se développer en France et à l’étranger, à l’heure ou les gens sont de plus en plus nombreux à vouloir regarder les étoiles, se retrouver dans la Nature… et retrouver un certain émerveillement.
Le mois prochain la série continuera en abordant les impacts de la pollution lumineuse sur la faune et la flore.
Crédits images : By ESO/P. Horálek, M. Wallner – This media was produced by the European Southern Observatory (ESO), under the identifier dark-skies. This tag does not indicate the copyright status of the attached work. A normal copyright tag is still required. See Commons:Licensing., CC BY 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=145950714


