15 millions d’éco anxieux, et moi, et moi, et moi…

Plus tôt ce mois-ci une étude faisait état qu‘il y aurait plus de 15 millions d’éco anxieux entre 15 et 64 ans dans notre beau pays soit plus d’un Français sur trois.

La publication de l’OBESCA (pour Observatoire de l’éco anxiété) est très intéressante à plus d’un titre. Voici quelques chiffres et faits collectés :

  • Canicule été 2026 : 15,1 millions de Français éco-anxieux, +20% vs été 2024 ;
  • Plus d’1 Français sur 3 (36%) est désormais à un niveau d’intensité d’éco-anxiété élevé voire très élevé ;
  • Les cas d’éco-anxiété les plus sévères restent inchangés, autour de 5% des Français (~ 2,1 millions pour la classe “très fortement éco-anxieux”) ;
  • 96,7% des répondants disent avoir été exposés à la canicule cet été. Ceux qui la subissaient au moment de l’enquête sont 18,1% plus éco-anxieux que les autres (à âge et genre constants) ;
  • Le climatiseur ne protège pas l’esprit. Les Français qui vivent dans un logement climatisé n’ont pas un score d’éco-anxiété différent de ceux qui n’en ont pas.

Le pays comptant 50 millions d’électeurs en France, et au vu des prochaines élections présidentielles et législatives de 2027,il y aurait de quoi constituer un vrai parti qui pèserait un poids important au premier tour, voire au deuxième.

Je pense que nous avons besoin d’une véritable force politique qui s’occuperait en priorité de tout ce qui à trait tant au changement climatique qu’à la nécessaire accélération de la transition énergétique. En effet, ces enjeux ne sont ni de droite ni de gauche, bien au contraire comme l’aurait dit Coluche.

Nous devons en finir avec les idéologies et être pragmatique. Il faut agir de façon forte et accélérer le rythme de la baisse des émissions en France et en Europe et aider de façon concrète les pays en développement.

Nous devons rendre les transitions énergétiques et écologiques non pas quelque chose de douloureux mais d’enviable. J’ai été fortement inspiré par la lecture du Ministère pour le Futur de Kim Stanley Robinson dont je publierai prochainement ma critique en anglais.

Tant les mois de canicules et de sécheresse que le prix du litre d’essence ou de diesel qui atteint des niveaux stratosphériques nous renvoient à la même conclusion : il faut arrêter d’opposer à chaque occasion écologie et économie, lutte contre le changement climatique et lutte pour le pouvoir d’achat. Ce sont deux faces de la même pièce.

La seule priorité : mettre fin à la suprématie des énergies fossiles dans nos sociétés.

Contrairement à ce que certains tenteraient de nous faire croire à longueur d’interviews ou d’articles, lutter contre le changement climatique n’est pas une vague obligation pour les générations futures mais pour nous-mêmes. Nos vies sont dès à présent en danger, et ce de façon immédiate. Les canicules de cet été ont fait en France plus de 8 000 morts (et plus de 35 000 en Europe selon Le Guardian). C’est sans compter les personnes qui sont à bout après ces mois terribles… L’éco-anxiété n’est qu’un seul de ces maux.

En Europe, les catastrophes climatiques et météorologiques ont tué plus de 440 000 personnes et causé plus de 800 milliards de dégâts entre 1980 et 2024… La Science et les faits nous le rappelle fréquemment, notre continent est celui qui se réchauffe le plus vite.

En terme de solutions, il faut comprendre que les gens n’ont pas forcément besoin d’essence ou de gasoil, ils ont besoin de solutions de transports fiables, pour aller au travail, pour faire leurs courses, se rendre en consultation… Il faut ainsi accélérer urgemment l’adoption du vélo sous toutes ces formes (vélo classique, à assistance électrique, vélo cargo…), des solutions de covoiturage, et rendre le télétravail encore plus commun.

A moyen terme, il faudra avoir des transports en commun et des trains plus fréquents et plus fiables, permettre le retrofit de sa voiture et des autres véhicules de façon facile et rentable, avoir une infrastructure cyclable digne de ce nom afin de permettre à tout à chacun d’aller et venir en toute sécurité et en toute heure, et ce sans dépendre d’une tonne et demie de matériaux divers…

Pour conclure ce billet,

il y a tellement de solutions aux crises actuelles que ce serait un crime contre nous-mêmes et les générations futures de baisser les bras. Lisant et écrivant sur ces thématiques depuis maintenant plus de vingt ans – oui, je ne suis plus tout jeune – je refuse d’admettre la défaite. Je continue d’espérer et d’avoir la foi.

Ne serait-ce que diminuer les importantes quantités gaspillées sur l’énergie, l’eau et la nourriture permettrait des bonds gigantesques en termes de lutte contre les dérèglements climatique et de préservation de ces ressources vitales.

Toutes les solutions nécessaires à l’électrification de nos transports, de nos logements et de nos industries existent et sont désormais compétitives. Le futur c’est maintenant vieil homme (traduction de ce même), alors retroussons-nous les manches !

(oui le titre est un hommage à Dutronc. Oui, vous avez la musique dans la tête. Oui, c’est de ma faute)

Crédits image : Photo de Uday Mittal sur Unsplash

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