Série sur la pollution lumineuse – enjeux énergétiques et financiers

J’en parlais le mois dernier dans mon introduction à la pollution lumineuse, celle-ci représente un coût économique et financier gigantesque en France, en Europe et dans le monde. Voici quelques chiffres afin de mieux comprendre les enjeux énormes.

En France

Selon l’Ademe (Agence de la Transition Energétique), l’éclairage public représente 47% de la consommation d’électricité des collectivités. En effet, il y a actuellement entre 11 et 12 millions de points lumineux sur l’ensemble du pays, soit un lampadaire pour six habitants environ. Ce chiffre continue de croître à cause de l’étalement urbain. Au niveau électrique, la puissance appelée est de l’ordre de 1 300 Mégawatts (soit la puissance d’un réacteur nucléaire comme ceux installés à Cattenom).

De nos jours, l’éclairage urbain représente environ 3 à 4 TWh / an, sur les 440-460 TWh consommés en France chaque année (1 TWh = 1 million de MWh ou 1 milliard de kWh). Ce chiffre a baissé : entre 2000 et 2012, on était plutôt sur 5,5 à 6 TWh. Cette baisse des consommations a été réalisée grâce à d’importantes économies d’énergie.

Mais, à 20 centimes d’euros du kWh, cela représente près de 600 à 800 millions d’euros par an. Ce à quoi il faut ajouter l’entretien, la maintenance, etc, le coût annuel de l’éclairage public est environ 2 milliards d’euros par an à la France.

Or, si on estime à 50% la lumière « perdue », il y a pour la France un milliard d’euros à économiser… Au niveau des émissions de gaz à effet de serre cela représente selon l’ADEME 670 000 tonnes de CO2 rien que pour notre pays. Ce sont des chiffres à garder en tête à l’heure ou nous nous apprêtons à voter pour les élections municipales, d’autant plus avec cette énième guerre qui débute au Moyen Orient.

En Europe

L’argent gaspillé pour cause de la pollution lumineuse pour l’Union Européenne est estimée à 5,2 Mds d’euros, soit plus de 10€ par personne et par an… La France n’est pas la seule à avoir un arsenal législatif pour lutter contre ce problème. L’Italie, la Croatie et la Slovénie ont des lois aussi pour endiguer le phénomène (source). On peut également mentionner le Manifeste Européen contre la pollution lumineuse lancé par l’Espagne lors de sa présidence du Conseil de l’Europe en 2023.

Dans le reste du monde

Selon l’association Dark Sky, on parle de 250 TWh de consommation pour l’éclairage nocturne extérieur en pure perte. C’est quasi deux fois plus que ce que consomme la France en une année (440 TWh). Au niveau mondial, cela équivaut à 50 milliards de Dollars US en pure perte.

Toujours selon cette association, les Etats-Unis pourraient économiser 15 milliards de Dollars US par an d’ici à 2035 en passant à un éclairage raisonné (extinction, détection de mouvements, etc) + passage à la technologie LED. Au niveau mondial, l’association estime qu’un pourcent des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial est du à « l’éclairage qui s’enfuit dans l’espace »

Je reviendrai le mois prochain sur les différents moyens de limiter la pollution lumineuse. Pour cela et bien plus encore, gardez le contact et abonnez vous soit au blog soit sur les réseaux sociaux !

Credits images : Agence Spatiale Européenne (ESA), Londres de nuit.


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