Pendant des décennies les fameuses Conferences of Parties (COP) sur le climat organisées par les Nations Unies on omit le plus important : l’arrêt des énergies fossiles. Or, sans cela, il serait tout simplement impossible de limiter voire d’arrêter le changement climatique.
Même si l’Humanité a grandement bénéficié de ces sources d’énergie, leurs inconvénients sont maintenant impossibles à passer à coté : pollutions massives de l’air, de l’eau, du sol, changement climatique qui empire d’année en année, effets préjudiciables sur la démocratie des pays producteurs…
Le cadre officiel de l’ONU révèle d’un profond non-sens avec des lobbyistes du charbon, du gaz et du pétrole plus nombreux que les représentants des divers pays… Aurait-on vu des lobbyistes du tabac, de l’alcool et de la malbouffe à une conférence de l’Organisation Mondiale pour la Santé ?
Par ailleurs, le fait que ces accords se fassent à partir de consensus bloque toute ambition. On voit mal les pays producteurs d’hydrocarbures comme ceux du Moyen Orient, les Etats-Unis ou la Russie voter contre leur principale source de richesse.
La fameuse COP 21 qui avait abouti aux Accords de Paris a maintenant dix ans mais n’a toujours pas mis en œuvre des moyens pour aboutir concrètement à ses objectifs ambitieux de maintenir « l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels ». Or le temps presse et le réchauffement climatique accélère (cf mon article en Anglais ici)
Pour pallier aux nombreux défauts de ces conférences onusiennes sur le climat, la Conférence de Santa Marta a été organisée fin Avril par la Colombie et les Pays Bas. 2 600 personnes représentant tant des pays en voie de développement que des pays riches se sont rencontré avec un objectif clair : sortir des énergies fossiles. Les 56 pays présents sont responsables de près d’un tiers de la consommation d’énergie mondiale, et donc d’autant des émissions de gaz à effet de serre mondiaux.
Au delà de l’urgence climatique, de la balance commerciale (pour la France : plus de 40 milliards d’euros en 2025 en importation de pétrole et du gaz), des nombreuses pollutions… La transition énergétique est une gigantesque opportunité économique et sociale : combien d’emplois pourraient être créés dans les énergies renouvelables, les économies d’énergie, la sobriété… Nous devons collectivement choisir cette transition plutôt que la subir. Plus vite nous agirons, mieux ca sera.
Cette énième guerre au Moyen Orient a lieu alors que toutes les technologies alternatives aux énergies fossiles qu’on a vu apparaitre ces 20 ou 30 dernières années sont maintenant enfin compétitives : le solaire photovoltaïque, l’éolien et les batteries pour l’électricité ; les pompes à chaleur pour la production de chaleur ; les moteurs électriques pour les mobilités, les fours à arc électrique pour la production de l’acier décarboné… Sans oublier les matériaux biosourcés pour les immeubles.
Certes cette transition énergétique aura un cout, mais il faut impérativement voir cela comme un investissement. Pour nos sociétés, pour notre planète et pour nos économies. A l’aune des changements climatiques, ce qui serait irresponsable, ce serait de ne rien faire, nous le voyons tous les jours.
Il faut également être bien conscient des dangers du technosolutionisme : adopter en masse les pompes à chaleur sans isoler au préalable les logements / bureaux ou hôpitaux serait contreproductif pour le confort des habitants ou usagers. Adopter la voiture électrique sans avoir fait le nécessaire pour que les alternatives complémentaires comme le vélo ou les transports en commun soient plus utilisés qu’ils ne le sont actuellement amènerait presque au même résultat : des bouchons dans nos villes et des milliers de km² de parkings…
A voir ce qu’il adviendra concrètement de cette initiative de transition et comment la France – qui participait également – la mettra en œuvre. Pas sur que les velléités de certains d’arrêter les énergies renouvelables ou de fermer l’ADEME soient les bons moyens de réussir. La campagne électorale pour les élections présidentielles qui se tiendront dans moins d’un an maintenant sera intéressante à suivre à plus d’un titre.


