Mesures urgentes à prendre au niveau énergie (fin)


Pour terminer mon grand dossier sur les mesures qui doivent être prises au niveau climatique et énergétique je vais m’atteler aujourd’hui aux transports et au nucléaire.

Diminuer l’importance des transports polluants

Cette partie de l’économie compte pour près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre en France. C’est pourquoi, il est important de s’atteler aussi à ce secteur. Aucune solution toute seule ne diminuera fortement les émissions de CO2, mais plutôt une panoplie complète.

Parmi ces divers moyens on peut citer des moteurs plus économes associés à des véhicules plus petits afin de mieux correspondre aux besoins réels. En effet, la majorité des trajets au niveau français (et aussi au niveau mondial) se fait avec une ou deux personnes par voiture.

C’est pourquoi selon moi, des voitures plus petites et moins puissantes devraient faire leur apparition. En effet, les constructeurs produisent des voitures qui peuvent aller jusqu’à plus de 200 kilomètres à l’heure alors qu’en France, la vitesse maximale autorisée est de 130.

Les biocarburants, les moteurs électriques et hybrides font aussi parti des solutions qui doivent être exploitées. En ce qui concerne les biocarburants, malgré tout ce qui a pu être dit à leur sujet, ils ne constituent aucunement une solution qui pourrait être implémentée de façon massive. Remplacer 10 à 15 % du pétrole utilisé dans les transports par de l’éthanol ou autre semble le maximum qui puisse être atteint.

Comme je le disais dans mon précédent article, un changement des comportements et habitudes devra être effectué, et ce aussi dans le secteur des transports. Aller acheter son journal ou sa baguette de pain en voiture alors que le magasin est à moins d’un kilomètre doit devenir un geste du passé.

Mais le plus important semble être pour moi le développement des transports en commun et du train. Remplacer quand il est possible les camions par le train devrait devenir quelque chose de courant. Le ferroutage est une façon propre et neutre en carbone de transporter des biens.

Le transport aérien entre deux villes françaises devrait redevenir quelque chose d’exceptionnel. Le train, avec les TGV, est la manière la plus propre en terme de gaz à effet de serre de voyager. Il faut que cela se ressente au niveau financier.

Toutes ces mesures auraient un double effet bénéfique sur la santé du plus grand nombre. D’une part une diminution de la pollution de l’air de nos villes et campagnes et donc une amélioration de la santé générale des populations. Le deuxième effet bénéfique serait une diminution de la dépendance énergétique de la France car elle recourrait moins aux importations de pétrole.

L’ADEME a aussi tout un assortiment de conseils à adopter pour diminuer dès maintenant sa consommation d’essence en voiture. Parmi ceux-ci, on peut citer la vérification de la pression des pneus, le fait d’enlever la galerie quand celle-ci est vide (diminution de 10 % de la consommation) ou l’entretien de la voiture qui n’est pas à négliger.

On peut aussi noter le fait qu’éviter de pousser les vitesses peut faire économiser jusqu’à 20 % du carburant. Mais le dernier geste, mais le plus important est le fait d’adopter une conduite souple et sans à coup : une conduite agressive en ville augmente la consommation de 40 %.

Préparer l’après PWR.

Les réacteurs nucléaires actuels en France sont de type PWR (pour Pressurized Water Reactor). Les 58 réacteurs commenceront à être remplacés dès 2020. L’EPR, quoi qu’en disent certains, a de grands avantages pour succéder aux réacteurs actuels.

Le nucléaire pour certains “ écologistes ” doit être purement et simplement remplacé par les énergies renouvelables en un quart de siècle. Le problème est que pour remplacer un seul réacteur, il faudrait par exemple installer 8,000 éoliennes. Soit près de 80 par département de notre beau pays.

Il est intéressant de savoir aussi que remplacer le nucléaire par le gaz naturel (qui a la fausse réputation d’être propre) ou pire, par le charbon, augmenterait fortement nos émissions de gaz à effet de serre.

Le nucléaire a selon moi beaucoup d’avantages. Il n’est certes pas parfait, mais aucune solution ne l’est si on l’étudie sérieusement avec une analyse du cycle de vie (de la construction à la remise au rebut). Le principal des avantages de ce type d’énergie étant une quasi absence d’émissions de gaz à effet de serre, ce qui place cette énergie en deuxième position après l’hydro-électricité.

C’est ainsi que James Lovelock, fondateur de l’hypothèse Gaïa, a récemment changé d’avis sur le nucléaire. Devant l’urgence que représentent tant le changement climatique que la future crise du pétrole, l’énergie des atomes est selon lui la seule qui puissent résoudre ces problèmes de façon réalisable et efficace.

Son dernier ouvrage, ” La revanche de Gaïa ” évoque longuement les avantages de cette énergie. Je compte lire prochainement ce livre et je vous proposerai un commentaire de cet ouvrage qui promet d’être passionnant.

Parmi les avantages de l’EPR (acronyme d’European Pressurized Reactor) vis à vis des réacteurs actuels. Le principal avantage étant que ces réacteurs produisent plus d’électricité que leurs prédécesseurs. On peut aussi noter la diminution de la quantité des déchets de 15 à 30 % et du cout du kilo-watt heure, mais également l’augmentation du rendement et de la durée de vie des centrales. Autre facteur d’importance, le risque d’accident serait fortement diminué. (source).

En travaillant de façon importante sur l’efficacité énergétique et sur la promotion des énergies renouvelables, on pourra diminuer le nombre de réacteurs nécessaires à la fourniture d’électricité des Français. Mais il serait totalement déraisonnable de dire que l’on pourrait se passer à moyen ou long terme du nucléaire en France.

C’est pourquoi, il serait selon moi absurde de ne pas renouveler une part importante (plus des trois quarts) du parc actuel. En effet, seulement une dizaine de réacteurs maximum ne devraient pas être renouvelés. Le surplus d’électricité produit serait comme maintenant revendu de toute façon.

Le non remplacement de certains de ces réacteurs pourrait être décidé en fonction des rivières et cours d’eau situé à proximité. En effet, un réacteur a besoin d’eau pour se refroidir. Comme l’eau viendra à l’avenir à manquer dans certaines parties du pays, ne pas utiliser cette eau pour nos besoins énergétiques serait une bonne idée.

En effet, une part non négligeable de la production actuelle d’électricité est vendue à des pays voisins comme l’Allemagne ou le Royaume Uni. Selon le Ministère de l’Industrie : ” Du fait de l’attractivité de ces tarifs (d’électricité, nda), la France a pu dégager en 2002 un solde exportateur de 76,9 TWh. ” (page 28 du “ Livre blanc sur les énergies ” 2003, Débat National sur les énergies)

Conclusion

Cette liste de mesures n’est pas exhaustive, mais il me semble que ces mesures permettraient, si elles étaient appliquées, de diminuer fortement notre consommation totale d’énergie tout comme nos émissions de gaz à effet de serre.

Une fois ces mesures prises nous aurions des logements moins demandeurs d’énergie, des transports moins dépendants du pétrole, une électricité encore plus propre que celle que nous avons aujourd’hui et des réacteurs nucléaires de dernière génération qui seraient encore plus économes et dont la durée de vie serait augmentée.

Bref, une France prête à relever les défis climatiques et énergétiques de demain et même ceux d’après-demain.

Le mois prochain, je parlerai d’autres domaines et des décisions qui devraient selon moi être prises au niveau développement durable, nature et environnement. Car, même si l’enjeu le plus pressant au niveau écologie est la lutte contre le réchauffement climatique, il ne faut surtout pas oublier la sauvegarde de la biodiversité ou la pollution des sols et des cours d’eau.

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