Retour sur les Troisièmes Rencontres Solaires de l ‘Est

Dans le cadre de ma mission en tant que Conseiller en Transition Energétique et Ecologique en Santé (CTEES) pour le Groupement Hospitalier du Territoire (GHT) des Vosges, j’ai eu le plaisir cette année de me rendre en janvier à Mutzig (67) pour les troisièmes Rencontres Solaires de l’Est, organisée cette fois encore par Cap à l’Est et la CCI Grand Est.

L’occasion de suivre deux tables rondes le matin :
1. Quels nouveaux modèles économiques et juridiques pour les projets photovoltaïques ? et
2. L’écosystème solaire photovoltaïque au service du développement territorial local

Ainsi que deux ateliers l’après-midi :
• Autoconsommation collective : vers une montée en puissance ?
• Le grand stockage : une solution pour soutenir un réseau en transition

Alors que 5 à 6 Gigawatts-crète (GWc) de solaire PV sont installés dans notre beau chaque année ces dernières années – permettant l’équivalent de la production annuelle d’électricité d’un réacteur nucléaire – cet évènement était l’occasion de revenir sur les importantes incertitudes qui subsistent pour l’ensemble du secteur. Le solaire photovoltaïque représente des dizaines de milliers d’emplois de toutes sortes tant dans les villes que dans nos campagnes et des millions d’euros de chiffres d’affaire annuel.

L’adoption officielle de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE 3) se fait toujours attendre alors que le gouvernement semble ne pas pleinement comprendre l’enjeu que celle-ci représente pour le pays, ses centaines de milliers de professionnels du secteur énergétique et les dizaines de millions de consommateurs.

Les énergies renouvelables (ENR) représentent maintenant près d’un tiers de la consommation d’électricité française. Le potentiel solaire dans notre beau pays est énorme mais il est urgent de savoir à quoi pourrait servir toute cette électricité bas carbone et à bas cout. Alors que la France a importé pour 67 milliards d’euros en gaz et pétrole l’an dernier, il faut augmenter rapidement les capacités d’ENR sur notre réseau électrique et électrifier de façon urgente nos usages, notamment :

Massifier l’usage des pompes à chaleur tant pour les logements individuels que pour les immeubles de bureau, les hôpitaux, et même des quartiers entiers (en combinant ceci à une isolation thermique, mais c’est un autre sujet) ;
Accélérer le recours aux véhicules électriques, pas seulement la voiture individuelle, mais aussi les bus, les camions… Là aussi le potentiel d’emplois à créer est gigantesque, surtout si on compte sur le rétrofit de véhicules existants ;
Réindustrialiser le pays. De nombreux process peuvent bénéficier de l’électrification, pour preuve cet article des Echos relatant qu’ArcelorMittal va investir 1.3 milliard d’euros pour électrifier sa production d’acier à Dunkerque, dans le Nord de la France.


Il faut selon moi également diversifier et multiplier les orientations et inclinaisons des installations afin de produire plus d’électricité d’origine solaire en début de matinée et en fin d’après-midi. Ceci nous permettrait d’avoir de l’électricité très compétitive toute au long de la journée et nous permettrait de nous débarrasser de la “duck curve” ( ou courbe en canard) sans avoir recours a d’importantes quantités de batteries.

Celles-ci étaient au sujet de la dernière partie de la journée de ces rencontres solaires de l’Est. Grâce aux prix de ces technologies qui ont chuté de 60 % ces deux dernières années, de nombreux pays et régions du globe installent d’importantes capacités de stockage d’électricité : Californie, Australie, Italie…

Pendant ce temps, la France reste là encore en retard sur ce sujet crucial qui lui permettrait de stocker demain les surplus d’électricité d’origine solaire, photovoltaïque ou bien même nucléaire… et ainsi faire chuter les couts de l’électricité.

Pour conclure, l’autoconsommation tant individuelle que collective apparait comme une réponse à d’importantes problématiques de couts de résilience et de souveraineté économique. Et si demain nos communes et collectivités produisaient elles-mêmes une part de leur électricité ? Ce sont des perspectives fort intéressantes et réjouissantes.

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